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Mon Passé... page 6

Mon
frère Raymond

Il a toujours
été, d'une certaine façon, mon grand frère préféré, il était
attentionné, doux, compréhensif et toujours présent. Il
était tellement spécial, avec ses beaux grands yeux
noisettes, son grand sourire enjoué et son éternelle
tristesse qu'il essayait de dissimuler.

Raymond a probablement été le frère qui sait le plus occupé de
moi, et aussi celui avec qui je pouvais me permettre d'être moi,
parce qu'il m'aimait moi, comme j'étais, nous avions dix
ans de différence, mais il aimait quand même passer du temps
avec moi. Je me souvient, à la fin de ma première année de
primaire, j'avais attrapée la picotes... Wow en été, pas le
droit de sortir, pas le droit de m'exposer au soleil... Je me
souvient qu'à cette époque, il sortait avec Francine, elle était
tellement gentille, et ils sont venus me chercher pour m'amener
manger au A&W, et dans se temps là, on mangeait dans l'auto,
fenêtre baissé et le cabaret accroché sur le bord de la fenêtre.
On avait bien rigolé, et il avait même volé le petit verre pour
enfant dans lequel on m'avait servit ma liqueur, et d'ailleurs,
je l'ai encore aujourd'hui.

Il était toujours
tout pleins de petites attentions de se genre là, mais ce que je
détestait le plus, c'est quand il décidait de me mettre sur ses
épaules, et de tourner comme un malade pour ensuite me regarder
m'effondrer par terre, toute étourdie... Lui, il trouvait ça
drôle...

Mais Raymond était
aussi un alcoolique, et un poly-toxicomane, il n'a pas toujours
eue la vie rose, et comme tout bon alcoolique, il était très
émotif, donc très facile à blesser. Chaque fois, qu'il vivait
une peine d'amour, c'était toujours la pire chose qui lui
arrivait, il voulait mourir, et il tenta a plusieurs reprises de
se suicider. Et s'il n'a jamais réussi son coup, se n'est pas
par manque de désir de vouloir partir, mais seulement par chance
que quelqu'un arriva toujours au bon moment. Il gardait toujours
tout à l'intérieur, tout le mal qu'il vivait il l'enfermait dans
son cœur, et tout ça barrer à double tour, tout devait rester
secret, il ne fallait pas entrer dans sa vie personnel, chercher
à décrypter ses secrets. Il a réussi a plusieurs occasion de
rester sobre, avant de mourir, il avait acquis cinq ans de
sobriété.

Raymond est celui
qui a été voir mon père, pour lui dire qu'il avait peur pour sa
petite sœur de quinze ans, qui fumait régulièrement, il avait
peur qu'elle suive ses traces... Et bien, imaginez-vous donc,
que le même soir mon père est venu s'asseoir avec mon dans la
balançoire, et m'a demandé si je prenais de la drogue... (Merci
Raymond...) J'étais tellement fâcher, mais j'avais quand même
réussi a nier la vérité. Mais j'étais incapable de rester fâcher
contre mon frère, je n'ai jamais réussi a lui en vouloir, je lui
ai toujours tout pardonné, sauf la journée de sa mort. Mais le
fait d'avoir menti a mon père me rongeait les sangs, et une
semaine plus tard, je lui ai dit la vérité... Alors, la mon
frère est entré en action, il m'apporta faire des meetings N.A.
avec lui, et il me dit que là, je devais changer tout mon cercle
d'amis, et patati et patata... Bon, pour ne pas décevoir ni mon
frère et ni mon père, je faisais tout ce que mon frère me
disait... Comme une bonne petite élève ! Il venait me chercher
au moins quatre soirs par semaine pour aller dans ses meetings,
et je dois vous avouer, que ce sont les beaux gars qui avaient
dans la salle, qui on fait que j'y retournais :o) C'est là, que
j'avais rencontré Alain.

Je vais sauter
plusieurs petits bouts, car tout est du pareil au même et je vais
directement sauter à cette fameuse soirée du 18 juillet 1988 !

Il
était environ 11 hrs du soir, et j'étais au sous-sol, j'écoutais
la télévision, quand le téléphone a sonné. J'ai répondu,
en passant qu'à cette heure là, ça devait être pour moi.
Quand j'ai répondu, la personne à l'autre bout du fil se présenta
comme étant Constable je me souviens plus qui, et qu'il voulait
parler a mes parents. Donc, je lâcha un cri à ma mère pour
qu'elle prenne le combiné, et quand elle eue répondue, je fit
semblant de raccrocher. Je voulais savoir ce qu'il allait dire
à ma mère, car voyez-vous certain de mes frères avaient aussi
tendance à voler, alors je pensais qu'un de mes frère, venait
encore une fois de faire le con... Mais le policier n'aboutissait
pas, il mangeait ses mots, alors ma mère c'est fâché et elle lui
a dit de lui dire ce qu'il avait a dire ou bien de raccrocher.
Alors, le policier a dit : " Je suis désolé Madame mais on a
retrouvé le corps de votre fils Raymond." Et c'est à
cet instant précis que ma mère a sue que j'étais à l'autre bout
de la ligne.

J'ai
criée très fort, j'ai raccroché le combiné et je me suis
effondré parterre. Je n'arrivais pas à sortir les mots que
le policier a prononcé de ma tête, tout ce que j'entendais, c'est:
On a retrouver le corps de votre fils. Je ne voulais pas y
croire. J'entendait mes parents pleurer en haut, je suis
monter tranquillement, je les ai regarder tout en continuant de
pleurer. Ma mère m'a dit qu'il devait se rendre à l'hôpital
pour aller identifier le corps de mon frère et qu'il reviendrais
tout de suite après. Il n'en était pas question, je ne
voulais pas qu'il me laisse seule à la maison, je voulais y aller
moi aussi.

Alors,
nous sommes partis pour l'hôpital, quand nous sommes arrivé, il
nous on apporté à l'endroit où le corps était, et le médecin
nous a demandé qui allait venir l'identifier. Je voulais que
ce soit moi, je me disais que se serais sûrement moins douloureux
pour moi que pour mon père. Mais mon père ne voulait
pas. Mais j'avais très peur pour mon père, car trois semaine
avant, nous avions failli le perdre, il a fait une grosse crise de cœur. Ma mère voulait y aller, mais là, moi et mon père on
c'est opposé, elle est déjà paquet de nerf, alors imaginez de
quoi elle aurait eue l'air après....... On a fini par
accepter que ce soit mon père mais à condition qu'il soit
accompagner d'un médecin et d'un infirmier au cas où !

J'étais
nerveuse, je m'alluma une cigarette et une jeune petite infirmière
me dit tout gentiment que l'on avait pas le droit de fumer dans l'hôpital...
Je l'ai regardée, et lui ai dit: tu me diras ça voir la journée
que ton frère sera mort, alors vachier... (excuser
l'expression) Et j'ai continué à fumer ma cigarette sans
même lui jeter un regard et elle est partie.




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